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samedi 24 mars 2018

"Une vie bien réglée vaut mieux qu'une vie désordonnée"

Commentaire

Le Gorgias (387 av. J.-C.) ou Sur la rhétorique, est un dialogue de Platon (428-348 av. J.-C.) qui met en scène Socrate et l'un des plus grands sophistes de l'époque antique, Gorgias. Le dialogue s'ouvre sur une confrontation de Socrate avec un personnage fictif : Calliclès. Ce dernier commence par condamner les lois humaines qui défendent les faibles aux détriments des plus forts. Il part d'une conception de la nature où c'est le droit du plus fort qui l'emporte. Selon lui, les faibles se sont unis pour dominer les forts - ceux qui sont naturellement faits pour commander - et ont imposé un ordre moral qui prône la maîtrise des plaisirs.

Le texte ci-dessous se situe au début du dialogue. Après avoir dénoncé la prise de pouvoir des faibles sur les forts, Calliclès avance que la vertu ne consiste pas à réfréner ses passions contrairement aux valeurs que promeut la morale des faibles, mais à assouvir tous ses désirs, quels qu'ils soient et par tous les moyens. Pour lui, les hommes qui parviennent à se contenter de ce qu'ils ont ne sont pas plus heureux que ceux qui se laissent guider par leurs passions car ne plus rien désirer, c'est être comme mort. Socrate prend au sérieux cet argument et rétorque que le corps (sôma) est précisément un tombeau (sèma), la vertu consistant justement dans le contrôle des passions au moyen de la raison, et ce afin d'éviter que l'âme ne ressemble à une passoire empêchant tout contrôle. La mort du corps est symbolique car il s'agit surtout d'éviter que les plaisirs sans freins dégénèrent en violence.

lundi 18 avril 2016

Cours - Le désir

Introduction

Le désir est un terme qui se trouve au carrefour de plusieurs autres notions telles que le besoin, le plaisir, l'envie, l'espérance, la volonté, etc. Lorsque j'arrive à la terrasse d'un café et que le serveur me demande ce que je désire, ce désir peut être un besoin, par exemple, si j'ai très soif, mais je peux aussi désirer une boisson particulière moins par besoin que par envie, pour le plaisir, pour la santé, etc. Je peux aussi désirer boire quelque chose que j'ai peu de chances de trouver, alors mon désir se rapproche davantage de l'espoir. Il est aussi possible de désirer une personne, de se sentir attiré par elle, on parle alors d'un désir charnel. 

Le désir se définit donc par un manque. Je désire parce que je n'ai pas ce que je désire. En ce sens, le désir porte en lui l'idée de quelque chose d'inatteignable au moment où il est formulé. Il est aussi une tension vers un but : le désir vise la satisfaction. Par rapport au besoin, qui semble plus proche de la nécessité, le désir paraît davantage relever d'un choix, il est en quelque sorte, plus spirituel. Le désir ne se confond pas non plus avec la volonté au sens où la volonté conduit à une organisation rationnelle des moyens en vue de l'obtention d'une fin. Le désir est plutôt une tension  vers une satisfaction. 

"La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui"

Commentaire

Le Monde comme volonté et comme représentation (1818) est un ouvrage qui fait du pessimisme davantage qu'une disposition à voir le verre à moitié vide : il devient, sous la plume de Schopenhauer (1788-1860) une doctrine philosophique selon laquelle le mal l'emporte sur le bien dans un monde qui est l'œuvre d'une volonté indifférente au bien et au mal. Pour Schopenhauer, le monde s'identifie avec la volonté, concept qui lui est propre, et qu'il conçoit comme un désir de vie aveugle et sans but. 

Le texte ci-dessous est extrait du livre IV. Dans le §54, Schopenhauer explique que la volonté se confond avec la vie elle-même au point que l'expression "volonté de vivre" lui apparaît comme un pléonasme. Le §57 est l'occasion pour lui de revenir sur la condition humaine qui est un effort permanent pour la survie : la satisfaction des besoins primaires (se nourrir), la perpétuation de l'espèce, la peur de la mort, sont autant de contraintes avec lesquelles il faut vivre. 

dimanche 17 avril 2016

"Nous jugeons qu'une chose est bonne parce que nous la désirons"

Commentaire

L'Ethique (1677) a été éditée quelques mois après la mort de Spinoza (1632-1677). La forme de l'ouvrage imite celle d'un traité de géométrie avec des définitions, des propositions, des démonstrations et des scolies (qui sont des remarques ou des notes au sujet des propositions). Il comporte cinq parties traitant respectivement de Dieu, de l'âme, des passions, de la force des passions (esclavage de l'homme) et enfin de la force de l'entendement (liberté de l'homme). 

Le texte ci-dessous est extrait du livre III traitant des passions (ou "des affections" dans la traduction de Charles Appuhn). La proposition 9 que nous étudions est une conséquence de la proposition 6 selon laquelle "chaque chose, autant qu'il est en elle, s'efforce de persévérer dans son être". Cet effort  (conatus en latin) signifie que toute chose cherche à se conserver et à augmenter sa puissance d'être. La proposition 7 pose que "l'effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n'est rien de plus que l'essence actuelle de cette chose", ce qui signifie que le conatus renvoie à définition même de toute chose. 

samedi 16 avril 2016

"Changer mes désirs plutôt que l'ordre du monde"

Commentaire

Le Discours de la méthode (1637) est, à l'origine, une préface à des travaux de physiques réalisés par Descartes et dont l'objet est de présenter sa méthode qu'il veut radicalement nouvelle. Comme il le souligne dans ce Discours : "si j'écris en français, qui est la langue de mon pays, plutôt qu'en latin, qui est celle de mes précepteurs, c'est à cause que j'espère que ceux qui ne se servent que de leur raison naturelle toute pure jugeront mieux de mes opinions que ceux qui ne croient qu'aux livres anciens" (VI). 

Bien que ces essais aient pour but d'appliquer la raison à des sujets scientifiques, Descartes n'hésite pas à évoquer également ses conceptions relatives aux questions de morale. Sa nouvelle méthode le conduit à remettre en chantier tout l'édifice de la connaissance, mais pendant ce temps, il faut bien vivre et ne point demeurer irrésolu dans ses actions, d'où la nécessité pour lui d'établir ce qu'il appelle "une morale par provision" (III), c'est-à-dire une morale en attendant la fin des travaux qu'il a entrepris dans la connaissance. Cette morale se compose de "trois ou quatre maximes" (la dernière faisant office de conclusion) :
  • obéir aux lois et aux coutumes de son pays ;
  • se tenir aussi ferme et résolu dans ses actions que possible ;
  • changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde ;
  • employer toute sa vie à cultiver sa raison.

"Si tu désires quelqu'une des choses qui ne sont pas en notre pouvoir, tu seras nécessairement malheureux"

Commentaire

Le Manuel (vers 150 environ) n'a pas été directement écrit par Epictète (50-130), philosophe appartenant à l'école stoïcienne, mais par Arrien, l'un de ses disciples, qui compila les enseignements de son maître dans un petit livre afin de pouvoir emmener un compendium de sa doctrine partout avec lui. Les maximes de cet ouvrage s'adressent à l'apprenti philosophe, d'où l'emploi régulier de la deuxième personne du singulier.

Le texte ci-dessous est extrait qui se trouve au début du Manuel. Au commencement, il invite à distinguer ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Or les désirs font justement partie de ce qui dépend de nous, et plus généralement, de tout ce qui dépend de notre volonté. En revanche, tout ce qui concerne les événements de notre vie n'en dépendent pas et sont incontrôlables. Il faut donc éviter de se laisser affecter par eux et c'est à cela que servent les exercices spirituels du Manuel : s'habituer à déplacer le regard que l'on porte sur les choses qui adviennent et sur lesquelles nous ne pouvons rien.

jeudi 14 avril 2016

"Parmi les désirs, les uns sont naturels, les autres sans fondement "

Commentaire

Epicure (341-270 av. J.-C.) a écrit une oeuvre immense dont il nous reste peu de choses. Dans cette Lettre à Ménécée, nom d'un disciple d'Epicure, il est question de morale. Epicure cherche à le convaincre de consacrer sa vie à la philosophie car elle permet d'atteindre le bonheur. Contrairement à ce qu'on pense souvent, l'épicurisme n'est pas une morale valorisant le plaisir à outrance. Il s'agit au contraire de mesurer les plaisirs, de les rationaliser, afin d'atteindre la paix intérieure.

Dans l'extrait ci-dessous, Epicure réalise une hiérarchie des désirs : "parmi les désirs, les uns sont naturels, les autres sans fondement" et "parmi ceux qui sont naturels, les uns sont nécessaires et les autres naturels seulement". Il déclare faire "une étude rigoureuse", rationnelle, pour classer les désirs. Son objectif est d'exclure, après examen, les désirs qui ne sont pas essentiels soit à notre survie, soit à notre bonheur, et ce, en vue de l'ataraxie, c'est-à-dire de l'absence de troubles, de la tranquillité de l'âme (tout comme le stoïcisme, l'épicurisme vise l'ataraxie). 

"Notre ancienne nature est telle que nous étions un tout complet"

Commentaire

Le Banquet est un dialogue dit de maturité écrit par Platon vers -380 environ. Il a pour thème principal l'amour. Il se présente comme une série de discours prononcés successivement par les convives d'une soirée dont Socrate fait partie. Chaque discours - il y en a sept en tout - se présente comme un éloge d'Eros, dieu grec de l'amour. 

L'extrait ci-dessous provient du quatrième discours, celui d'Aristophane. Ce dernier donne à son discours une forme mythique pour rendre raison de l'existence de l'amour : à l'origine explique-t-il, les êtres humains avaient la forme d'une boule surmontée de deux têtes, quatre bras, quatre oreilles, deux sexes, etc. Ce mythe platonicien est connu sous le nom de mythe de l'androgyne. En raison d'un mauvais comportement, Zeus les punit en les coupant en deux. Mais depuis cet événement, chacun serait à la recherche de sa "moitié" perdue.

mardi 12 avril 2016

"Ce que la volonté veut, c'est toujours la vie"

Commentaire

Le Monde comme volonté et comme représentation (1818) est le grand ouvrage de Schopenhauer (1788-1860). Il se compose de quatre livres étudiant tour à tour la représentation et la volonté. L'idée de Schopenhauer est que le monde est l'objet d'une représentation et qu'il n'est même que cela : objet que par rapport à un sujet, perception que par rapport à un esprit percevant. La conscience n'est donc que la représentation des choses pour un sujet. Mais il ajoute que le monde est aussi volonté et que cette volonté renvoie à une réalité en soi source de toutes les représentations. 

Le texte ci-dessous est extrait du début du §54 qui se trouve au livre IV du Monde. Ce livre traite de la volonté se connaissant elle-même, s'affirmant et se niant. Ce début de paragraphe est l'occasion pour Schopenhauer de revenir sur les acquis des trois premiers livres. Il réaffirme que le monde en tant que représentation offre à la volonté un miroir où elle prend connaissance d'elle-même. La volonté permet d'expliquer tous les actes de l'homme et la raison permet de prendre conscience de celle-ci. 

vendredi 8 avril 2016

"Un respect mêlé d'effroi"

Commentaire

Paru en 1651, le Léviathan est un ouvrage de Thomas Hobbes (1588-1679) qui cherche à résoudre sur un plan théorique les problèmes politiques que rencontre l'Angleterre à cette époque : une guerre civile oppose alors puritains et royalistes et contraint Hobbes à l'exil en France en 1640. Le roi Charles Ier est exécuté en 1649, Hobbes ne revient en Angleterre qu'en 1651 sous le règne de Cromwell. La monarchie est restaurée en 1660 par Charles II. 

Le texte ci-dessous traite de la condition de l'homme à l'état de nature, qui pour Hobbes, est un état de guerre. Après avoir identifié les trois causes principales de conflit que l'on trouve dans la nature humaine - à savoir la compétition, la défiance et la gloire qui poussent les hommes à s'attaquer respectivement en vue du profit, de la sécurité et de la réputation -, il revient sur les causes précises de la guerre à l'état de nature. 

jeudi 7 avril 2016

"Les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent"

Commentaire

Dans sa célèbre Lettre à Schuller, Spinoza répond à ce philosophe et médecin allemand afin de lui expliquer en quoi sa conception de la liberté diffère de celle de Descartes. Il commence par distinguer Dieu et l'homme du point de vue de la liberté, en ce que le premier est absolument libre et le second absolument déterminé. 

Pour Spinoza, une chose peut être dite "libre" à condition qu'elle agisse "par la seule nécessité de sa nature". Sinon elle est dite "contrainte". Comme chose libre, il donne l'exemple de Dieu : il existe par la seule nécessité de sa nature et il comprend toute chose. Mais il précise aussi que Dieu existe "librement (quoique nécessairement)", ce qui fait de lui un être à la fois libre et nécessaire. Or, traditionnellement, liberté et nécessité s'opposent. Qu'est-ce à dire ?

dimanche 13 mars 2016

Est-il absurde de désirer l'impossible ?


Sujet : "Est-il absurde de désirer l'impossible ?"
Bac de philosophie 2009 - Série S

Introduction

"Soyez réaliste, demandez l’impossible" scande-t-on lors des manifestations de mai 68, aujourd’hui, ce serait plutôt "ayez la tête sur les épaules" ou "rêvez pas, restez concret". Désirer l’impossible sonne donc comme une revendication de liberté, mais aussi comme un rêve d’étudiants, une utopie naïve, un irréalisme désuet. S’il n’a pas toujours été bon d’être irréaliste, c’est que désirer l’impossible nous amène toujours à des dangers, voire à des souffrances. En même temps, cet irréalisme a parfois mené l’homme au-delà de lui-même, dans ce qu’on appelle le dépassement de soi. Désirer l’impossible est donc un mouvement qui nous amène en avant de nous-mêmes, mais cet avant est pour le meilleur et pour le pire : il vaut un dépassement ou un échec, parfois même les deux. C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques du progrès technique : la technologie nucléaire peut être à la fois une source importante d’électricité et utiliser comme bombe atomique. N’est-ce pas cette ambivalence qui présente un côté éminemment absurde ? Le désir est ce mouvement sensible qui nous fait nous élancer vers quelque chose. Il est un moteur de l’action et parfois même aussi un mobile. Le désir en effet, lorsqu’il est transgressif, fraye avec ce qui est de l’ordre, sinon de l’impossible, du moins de ce qui ne devrait pas être possible. Il ne devrait pas être possible de tuer quelqu’un, et pourtant, certains y sont conduits. Un autre exemple peut nous amener à reposer la question d’un point de vue différent : il ne devait pas être possible à l’homme de voler, et pourtant, certains s’y sont attelés et ont même réussi. Qu’y a-t-il donc de si absurde dans le désir d’impossible, s’il est aussi inséparable de ce qui fait l’être de l’homme, être à la fois sensible et rationnel ? En d’autres termes, quelles sont les bonnes raisons qui peuvent nous amener à désirer l’impossible ?

vendredi 24 mai 2013

Citations sur le sujet

1) La conscience

"Se connaître soi-même, c'est cela la sagesse". +++
- Platon, Charmide, (citant Critias faisant référence et reprenant l’inscription inscrite sur le fronton du temple de Delphes : "Connais-toi toi-même").

"Je pense, donc je suis". +++
- Descartes, Discours de la méthode, IV.

"L’homme (...) est un roseau pensant". +++
- Pascal, Pensées, fragment 348 (Brunscwicg). 

"Auparavant, [l'enfant] se sentait ; maintenant, il se pense". +++
- Kant, Anthropologie d'un point de vue pragmatique, I, §1. 

"Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience". +++
- Marx, Contribution à la critique de l'Économie politique, « Avant-propos ».

"Toute conscience est conscience de quelque chose".  +++
- Husserl, Méditations cartésiennes, §2. 

"Conscience ! Conscience ! Instinct divin, immortelle et céleste voix !"
- Rousseau, Emile ou De l’éducation.

"Deviens ce que tu es".
- Nietzsche, Le Gai Savoir. 

2) La perception

« Dans les impressions, il n’y a pas de science ».
Platon, Théétète.

« La perception porte nécessairement sur une réalité singulière, tandis que la science consiste dans le fait de connaître l’universel ».
Aristote, Seconds Analytiques.

« Commençons par la considération des choses les plus communes, et que nous croyons comprendre le plus distinctement ».
Descartes, Méditations métaphysiques.

« Dans les sens, il n’y a point de jugement ».
Kant, Critique de la raison pure.

« La perception dispose de l’espace dans l’exacte proportion où l’action dispose du temps ».
Bergson, Matière et mémoire.

« Ce que chaque perception, même fausse, vérifie, c'est l'appartenance de chaque expérience au même monde ».
Merleau-Ponty, Le visible et l’invisible.

3) L’inconscient

"Cent mille rien ne sauraient faire quelque chose". +++
- Leibniz, Nouveaux essais sur l'entendement humain, "Préface". 

"Une pensée vient quand "elle" veut et non pas quand "je" veux". +++
- Nietzsche, Par-delà bien et mal, I, §17.

"Ce que la volonté veut, c'est toujours la vie"+++
- Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, §54.

"Montrer au moi qu’il n’est seulement pas maître dans sa propre maison". +++
- Freud, L’inquiétante étrangeté et autres textes, « Une difficulté de la psychanalyse ».

"L'interprétation des rêves est la voie royale qui mène à la connaissance de l'inconscient dans la vie psychique"+++
- Freud, L'interprétation des rêves, VII, E.

"L'inconscient est une méprise sur le Moi, c'est une idolâtrie du corps". +++
- Alain, Eléments de philosophie, II, 16, "Du mécanisme", "Note sur l'inconscient".

4) Autrui

« Un ami est un autre soi-même ».
Aristote, La Grande Morale.

« Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : parce que c'était lui, parce que c'était moi ».
Montaigne, De l'Amitié (parlant de son ami La Boétie).

« Le désir de l’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est plus grande ».
Tocqueville, De la démocratie en Amérique.

« L’enfer, c’est les autres ».
Sartre, Huis clos.

« Le visage est (…) ce dont le sens consiste à dire : ‘‘Tu ne tueras point’’. »
Levinas, Ethique et infini.

« Tout ce qui est commun, dans le désir (…) signifie non l’harmonie, mais le conflit ».
René Girard, La Violence et le Sacré.

5) Le désir

"Notre ancienne nature est telle que nous étions un tout complet"+++
- Platon, Banquet (citant Aristophane qui fait l'éloge d'Eros en racontant le mythe de l'androgyne).

"Parmi les désirs, les uns sont naturels, les autres sans fondement". +++
- Épicure, Lettre à Ménécée.

"Si tu désires quelqu'une des choses qui ne sont pas en notre pouvoir, tu seras malheureux". +++
- Épictète, Manuel.

"Ce n'est pas par la satisfaction du désir que s'obtient la liberté, mais par la destruction du désir".- Épictète, Manuel.

"Ne demande point que les choses arrivent comme tu les désires, mais désire qu'elles arrivent comme elles arrivent et tu prospéreras toujours".
- Épictète, Manuel.

"Nous jugeons qu'une chose est bonne parce que nous la désirons"+++
- Spinoza, Ethique, III.

"Le désir est l’essence même de l’homme".
- Spinoza, Ethique, III.

"Changer mes désirs plutôt que l’ordre du monde". +++- Descartes, Discours de la méthode, III (3e maxime de la morale par provision).

"La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui". +++
- Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, IV, § 57.

"Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède". - Rousseau, Julie ou La Nouvelle Héloïse.

"Nous ne savons renoncer à rien. Nous ne savons échanger qu’une chose contre une autre".
- Freud, Essais de psychanalyse appliquée.

"Le désir fleurit, la possession flétrit toutes choses".
- Proust, Les plaisirs et les jours.

6) L’existence et le temps

« Il n’y a pas de temps sans mouvement ou sans changement ».
Aristote, Physique.

« Le présent est court, l’avenir incertain ; le passé seul est assuré ».
Sénèque, De la brièveté de la vie.

« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais bien. Si je veux l’expliquer à quelqu’un qui le demande, je l’ignore ».
Saint-Augustin, Confessions, VI, 14.

« Le présent d’ordinaire nous blesse ».
Pascal, Pensées, n°172 Brunchvicg, n°47 Lafuma.

« Le sentiment de l’existence dépouillé de toute autre affection est par lui-même un sentiment précieux de contentement et de paix ».
Rousseau, Les rêveries du promeneur solitaire.

« Le temps est la condition formelle a priori de tous les phénomènes ».
Kant, Critique de la raison pure.

« Le temps est ce qui empêche que tout soit donné tout d’un coup ».
Bergson, La pensée et le mouvant.

« L’existence est un fléchissement ».
Sartre, La Nausée.