jeudi 29 mars 2018
"Ce qui connaît tout le reste, sans être soi-même connu, c'est le sujet"
mardi 27 mars 2018
"Conscience ! Conscience ! instinct divin, immortelle et céleste voix"
Le texte ci-dessous est extrait du livre IV et, plus précisément, d'une partie qui s'appelle "Profession de foi du vicaire savoyard". Une profession de foi est la déclaration publique d'une croyance. Le vicaire savoyard renseigne le précepteur d'Emile sur les véritables principes moraux et religieux, c'est-à-dire ceux de Rousseau. Sa conception est celle de la religion naturelle, chaque homme ayant naturellement en lui le sentiment intérieur du divin, il n'a pas besoin d'autre chose que lui-même pour connaître Dieu. Ainsi, Rousseau s'en prend à la fois aux religions révélées, auxquelles il reproche de s'interposer entre les hommes et Dieu, au matérialisme et à l'athéisme. Il affirme, par la même occasion, la prédominance du sentiment sur la raison en matière de morale.
lundi 21 novembre 2016
"Il n'y a que mon entendement seul qui conçoive ce que c'est que cette cire"
Le texte ci-dessous constitue le célèbre exemple du morceau de cire. Il est issu de la Deuxième Méditation dont le sous-titre est "De la nature de l'esprit humain ; et qu'il est plus aisé à connaître que le corps". Cette affirmation que l'esprit est plus facile à connaître que le corps va à l'encontre de l'opinion commune. Elle découle du cogito qui pose comme vérité première la transparence de la substance pensante à elle-même : lorsque je suis en train de penser, j'existe. Le cogito peut ainsi être interprété à la fois comme une intuition ("je suis, j'existe") et comme une déduction ("je pense, donc je suis"), il reste dans tous les cas un acte de l'entendement. Or Descartes estime que l'on ne connaît clairement et distinctement qu'au moyen de l'entendement.
jeudi 9 juin 2016
"La conscience est incontestablement accrochée à un cerveau"
mercredi 25 mai 2016
"Je ne suis pas seulement logé dans mon corps, ainsi qu'un pilote en son navire"
samedi 30 avril 2016
"Nous proposons d'appeler organique la solidarité qui est due à la division du travail."
Le texte ci-dessous est extrait du premier des trois livres que compte De la division du travail social. Ce premier livre porte sur la fonction de la division du travail. Durkheim vient d'évoquer la solidarité mécanique propre aux sociétés traditionnelles : dans ces sociétés, l'influence du groupe social sur les croyances et les valeurs est forte et les individus se ressemblent. La solidarité des sociétés modernes est différente en ce qu'elle est organique : les croyances et les valeurs sont individualisées, les individus se différencient et ont des rôles sociaux distincts.
mercredi 13 avril 2016
"L'inconscient est une méprise sur le Moi, c'est une idolâtrie du corps"
"Une pensée vient quand "elle" veut, et non pas quand "je" veux"
Dans le texte ci-dessous, Nietzsche s'attaque en effet à la logique, science des raisonnements et s'en prend plus particulièrement aux logiciens qu'il qualifie de "superstitieux". Cette accusation à leur encontre est paradoxale puisque la superstition désigne une croyance irrationnelle. Or Nietzsche s'appuie sur un constat d'expérience, ce qu'il appelle par euphémisme "un tout petit fait" : "une pensée vient quand "elle" veut, et non pas quand "je" veux". Il arrive qu'une pensée nous vienne à l'esprit sans que nous le voulions. Il nous arrive aussi parfois de ne pas parvenir à nous souvenir d'une idée alors que nous essayons de nous en rappeler. Aussi, au lieu de dire "je pense", il vaudrait mieux dire "ça pense". Que quelque chose en nous pense, cela est certain, mais dire que l'on peut attribuer cette pensée à un "je", à un sujet, c'est pour Nietzsche, une simple "supposition" ou en tout cas, loin d'être une "certitude immédiate".
dimanche 10 avril 2016
Cours - La conscience
"C'est l'existence sociale qui détermine la conscience des hommes"
"Toute conscience est conscience de quelque chose"
samedi 9 avril 2016
"Je pense, donc je suis"
"L'homme est un roseau pensant"
"Se connaître soi-même, c'est cela la sagesse"
mercredi 30 mars 2016
"Auparavant, il se sentait simplement ; maintenant, il se pense"
samedi 26 mars 2016
"Cent mille rien ne sauraient faire quelque chose"
dimanche 2 juin 2013
"Cogito ergo sum"
![]() |
| Le Penseur (1902), Rodin. |
- ce qui est vrai doit apparaître clairement et distinctement ;
- les problèmes complexes doivent être ramenées à des éléments simples ;
- les éléments simples doivent ensuite permettre de retrouver le problème complexe ;
- cette procédure doit faire l'objet d'une vérification.
En résumé, le cogito, "je pense, donc je suis", va servir de socle à la fondation des sciences. Une fois acquise la certitude du cogito, le sujet cartésien va pouvoir être certain de leur véracité. Le cogito est un moment philosophique essentiel, qui suit le doute radical et vient garantir la certitude de la réalité. Il répond ainsi à la question posée par Montaigne dans ses Essais : "que sais-je ?" S'il demeure un point de départ solide, tout reste encore à construire...
samedi 1 juin 2013
"Connais-toi toi-même"
![]() |
| Le Faux Miroir (1928), Magritte. |
vendredi 24 mai 2013
Citations sur le sujet
"Deviens ce que tu es".
- Nietzsche, Le Gai Savoir.
2) La perception
« Dans les impressions, il n’y a pas de science ».
"Cent mille rien ne sauraient faire quelque chose". +++
"Montrer au moi qu’il n’est seulement pas maître dans sa propre maison". +++
"L'interprétation des rêves est la voie royale qui mène à la connaissance de l'inconscient dans la vie psychique". +++
"L'inconscient est une méprise sur le Moi, c'est une idolâtrie du corps". +++
4) Autrui
« Un ami est un autre soi-même ».
Aristote, La Grande Morale.
« Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : parce que c'était lui, parce que c'était moi ».
Montaigne, De l'Amitié (parlant de son ami La Boétie).
« Le désir de l’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est plus grande ».
Tocqueville, De la démocratie en Amérique.
« L’enfer, c’est les autres ».
Sartre, Huis clos.
« Le visage est (…) ce dont le sens consiste à dire : ‘‘Tu ne tueras point’’. »
Levinas, Ethique et infini.
« Tout ce qui est commun, dans le désir (…) signifie non l’harmonie, mais le conflit ».
5) Le désir
"Notre ancienne nature est telle que nous étions un tout complet". +++
"Parmi les désirs, les uns sont naturels, les autres sans fondement". +++
"Si tu désires quelqu'une des choses qui ne sont pas en notre pouvoir, tu seras malheureux". +++
"Ce n'est pas par la satisfaction du désir que s'obtient la liberté, mais par la destruction du désir".- Épictète, Manuel.
"Ne demande point que les choses arrivent comme tu les désires, mais désire qu'elles arrivent comme elles arrivent et tu prospéreras toujours".
- Épictète, Manuel.
"Le désir est l’essence même de l’homme".
- Spinoza, Ethique, III.
"Changer mes désirs plutôt que l’ordre du monde". +++- Descartes, Discours de la méthode, III (3e maxime de la morale par provision).
"Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède". - Rousseau, Julie ou La Nouvelle Héloïse.
"Nous ne savons renoncer à rien. Nous ne savons échanger qu’une chose contre une autre".
- Freud, Essais de psychanalyse appliquée.
"Le désir fleurit, la possession flétrit toutes choses".
- Proust, Les plaisirs et les jours.
6) L’existence et le temps
« Il n’y a pas de temps sans mouvement ou sans changement ».
Aristote, Physique.
« Le présent est court, l’avenir incertain ; le passé seul est assuré ».
Sénèque, De la brièveté de la vie.
« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais bien. Si je veux l’expliquer à quelqu’un qui le demande, je l’ignore ».
Saint-Augustin, Confessions, VI, 14.
« Le présent d’ordinaire nous blesse ».
Pascal, Pensées, n°172 Brunchvicg, n°47 Lafuma.
« Le sentiment de l’existence dépouillé de toute autre affection est par lui-même un sentiment précieux de contentement et de paix ».
Rousseau, Les rêveries du promeneur solitaire.
« Le temps est la condition formelle a priori de tous les phénomènes ».
Kant, Critique de la raison pure.
« Le temps est ce qui empêche que tout soit donné tout d’un coup ».
Bergson, La pensée et le mouvant.
« L’existence est un fléchissement ».
Sartre, La Nausée.
dimanche 7 juin 2009
Le cogito de Descartes
Le cogito de Descartes est une expression célèbre souvent mal comprise. Cogito est un terme latin qui signifie "je pense". Le philosophe René Descartes (1596-1650) en fait le principe de ses méditations métaphysiques, c'est-à-dire la source de toutes ses réflexions philosophiques. Cogito est en fait un raccourci pour "cogito ergo sum" ("je pense, donc je suis") que Descartes prononce dans Le Discours de la méthode (1637) puis dans Les principes de philosophie (proposition 7 et 10). Le cogito est en fait la première idée claire et distincte à partir de laquelle l'on peut élaborer une réflexion. Il garantit l'établissement d'un jugement indubitable du moment que l'on avance méticuleusement dans son raisonnement. Cette idée est claire, c'est-à-dire qu'elle est "présente et manifeste à un esprit attentif" (Principe de philosophie, I), mais aussi distincte, c'est-à-dire "précise et différente de toutes les autres (...) qui ne comprend en soi que ce qui paraît manifestement à celui qui la considère comme il faut" (ibid.).Il existe cependant une autre formulation possible du cogito, qui au sens strict ne correspond pas à ce cogito compris comme affirmation de la pensée, mais qui en est une extension : "je suis, j'existe" (Méditation métaphysique). Dans la deuxième Méditation en effet, Descartes écrit : "cette proposition : "je suis, j'existe", est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce, ou que je la conçois en mon esprit". En d'autres termes, du fait que je pense, je peux en déduire que je suis, et du fait que je suis, je sais du même coup que j'existe.
Avant de voir la distinction entre ces deux réflexions, "je suis, j'existe" et "je pense, donc je suis", voyons d'abord comment Descartes met au jour son fameux .Dans le Discours de la méthode, l'enjeu pour Descartes est surtout de présenter sa méthode et de lutter contre le scepticisme : "remarquant que cette vérité, je pense, donc je suis, était si ferme et si assurée, que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n'étaient pas capables de l'ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir sans scrupule pour le premier principe de la philosophie que je cherchais" (IVe partie). Si l'on ouvre Les Principes, on lit : "je pense, donc je suis, est la première et la plus certaine qui se présente à celui qui conduit ses pensées par ordre". On voit donc que le cogito est le principe sur lequel peut être fondé un enchaînement de raison, donc une manière de s'assurer un point de départ vérace.
"Je pense, donc je suis" est tout simplement l'affirmation que je suis un sujet doué de conscience. Le sujet conscient de soi est ainsi posé comme ce que la pensée ne saurait éliminer sans se nier elle-même. Il faut bien comprendre que c'est en partant du sujet et de la conscience que Descartes fonde sa philosophie. Certains lecteurs contemporains de Descartes n'ont pas tout de suite compris ce que signifiait le cogito. Le philosophe Pierre Gassendi (1592-1655) par exemple lui oppose le fait qu'on peut inférer le cogito de n'importe quelle action comme « Je mange donc je suis » ou bien « Je me promène donc je suis ». Descartes lui répond (cf. « Lettre servant de réponse aux Cinquièmes objections ») que tous les actes que nous connaissons par nos sens ont été auparavant révoqués par le doute. La raison en est qu'ils peuvent très bien être illusoires (on peut rêver que l'on est en train de manger ou de se promener alors que l'on reste immobile dans un lit). La véritable formule n'est donc pas : « Je me promène, donc je suis », mais bien « Je pense que je me promène, donc je suis ». C'est la présence de ma pensée à elle-même qui est la seule certitude résistant à l'épreuve du doute, car même l'existence de mon propre corps est remise en question.
Par conséquent, l'absence d'inférence entre le je suis et j'existe, montre que le cogito, le raisonnement "je pense, donc je suis" est une idée claire qui me permet de constater (et non pas de déduire) que je suis. L'existence ne peut pas être déduite, mais elle est une émanation du cogito : me disant, "je pense, donc je suis", j'affirme du même coup mon existence en tant que conscience : "je suis, j'existe". La présence de ma pensée à elle-même, la conscience, est donc pour Descartes une certitude, une idée claire et distincte, à partir du moment où je pose l'acte fondateur du cogito : "je pense, donc je suis".


